13.02.2009

117.

Tout est bien préparé pour son entrée en piste :

Le jeune homme est paré, l’appartement est grand

Et les livres sont pleins de savoir car il piste

L’animal qui fera de lui un conquérant.

 

L’Afrique est suspendue à son mur (elle est triste

De voir que son visage à si vil prix se vend)

A tel point qu’on se croit chez un psychanalyste

Et il est allongé, d’ailleurs, sur le divan.

 

Son pied est fatigué d’avoir couru le monde

A chercher sans relâche un puissant idéal

Et il attend en vain que tout soit moins immonde.

 

Pourtant de son horreur il reste le féal

Car au sol sur le flanc gît une statuette

Et dans ses cheveux bruns n’est nulle bandelette.

10.02.2009

116.

Nous étions si petits, il y a presque vingt ans,

Et nous étions alors un peu ce que nous sommes,

Demeurés malgré nous sous l’emprise du temps

Nous nous sommes revus et nous étions des hommes.

 

Je n’ai rien dit laissant tes mots ébouriffants

Raconter ton destin sans trop te gêner comme

Si nous étions toujours ces turbulents enfants.

Comme. Car nous étions en train de jouer, en somme.

 

Ta voix seule occupait l’espace superflu

Car rien n’avait de sens, et dans tes yeux j’ai lu

La terreur d’une autre heure ancienne à la pendule.

 

Notre vie oublieuse à son rythme revient

Rechercher du passé tout ce qui lui convient

Laissant dans nos récits l’arrêt d’une virgule.

09.02.2009

115.

Je sais la cause à la douleur

Qui depuis mon ventre cavale

Et dans mon cerveau plein d’horreur

Fait retentir sa voix brutale.

 

Ton germe croît dans la torpeur

De mon esprit où tu t’installes

Car de toi je n’avais pas peur

O jalousie aux ongles sales.

 

Ca pullule, à travers le pus

Tu me fais voir ma pire crainte

Et ce que jamais je ne pus.

 

Je guérirai quand cette plainte

Sera la tienne – et orageux

Nous reprendrons nos petits jeux.